par DroitePopulaire | 3 octobre 2012
Propos recueillis par Alexandre Devecchio, publié le 2 octobre 2012.
http://www.atlantico.fr/decryptage/thierry-mariani-contrairement-droite-forte-droite-populaire-est-pas-construction-mediatique-thierry-mariani-499273.html
En vue du congrès de l’UMP le 18 novembre prochain, Thierry Mariani a déposé, avec 21 autres parlementaires, une motion « droite populaire ». Le collectif, qui entend représenter l’aile droite du parti, est concurrencé par le nouveau courant de Guillaume Peltier, » la droite forte « .
Atlantico : En vue du congrès de l’UMP le 18 novembre prochain, vous avez déposé avec 22 parlementaires une motion intitulée « la Droite populaire ». Quelles valeurs défendez-vous et quelles sont vos principales propositions ?
Thierry Mariani : Cela fait deux années que nous travaillons ensemble et que la Droite populaire a été créée afin de défendre une certaine conception de la droite : celle de la fidélité aux engagements pris. C’est surtout sur ce dernier point que j’insisterai à l’Assemblée nationale.
Nous déposons donc naturellement une motion car nous souhaitons continuer cette histoire. Notre message est clair : regardez ce que nous annonçons, nous l’avons déjà défendu à l’Assemblée. Lutte contre l’assistanat, immigration, thème de la sécurité ou de la justice… la Droite populaire a toujours été en pointe ces deux dernières années. Nous voulons poursuivre avec ce bilan. De toutes les motions qui ont été déposées, nous sommes l’une des rares à avoir une existence propre, à ne pas avoir été créée spontanément pour le congrès.
Vous avez longtemps été proche de Guillaume Peltier et votre motion semble être idéologiquement complémentaire avec celle de la droite forte qui arrive largement en tête selon un sondage Ifop pour Atlantico. Pourquoi ne pas avoir proposé une motion commune ?
Les sondages expliquent aux militants que les jeux sont déjà faits : le président de l’UMP est déjà élu, une motion a déjà gagné… L’Histoire politique de ces dernières années nous montre qu’il pouvait y avoir des surprises…
Si certains avaient voulu faire une motion commune avec la nôtre, la porte était ouverte d’autant plus que notre texte de motion date du 18 juillet. Si des personnalités voulaient nous rejoindre, c’est à eux qu’il convient de poser la question.
Nous feront campagne sans complexe sur le slogan suivant : « Nous, à la Droite populaire, avons déjà fait nos preuves, avec nos propositions sur l’AME, la fraude… Alors, préférez l’original à la contrefaçon ! »
Lors des dernières élections législatives, la droite populaire a perdu un grand nombre de députés. Comment expliquez-vous ce désaveu ?
Nos députés ont souvent été dans des circonscriptions très difficiles à remporter. Nous n’avons pas de députés dans l’ouest parisien ou les banlieues chics. Résultat, la moitié de nos candidats ont perdu. Cela n’a rien à voir avec la droite populaire elle-même.
La droite populaire n’ est-elle pas tombée dans le piège de l’auto-caricature ?
A titre personnel, je pense n’être jamais tombé dans ce piège là. Si la droite populaire atteint la barre des 10%, elle aura cependant besoin de se structurer. Nous sommes très actifs, et ne sommes donc pas à l’abri de quelques dérapages.
Il y a un paradoxe dans cette élection : jamais l’UMP n’a été autant à droite si on en juge par les motions et pourtant, lorsque nous sommes au pouvoir, nous adoptons des politiques de centre droit. Notre originalité consiste à dire que nous voulons des engagements tenus et pas uniquement des propos de campagnes oubliés par la suite.Le contenu du discours de Grenoble était adéquate, mais, sous la pression de quelques députés de centre droit, une mesure telle que la déchéance de la nationalité française a été oubliée. C’est exactement ce dont les électeurs ne veulent plus et c’est pour cela que nous avons créé la droite populaire a été créée.
Les jeunes de la Droite populaire se sont lancés la semaine dernière, le mouvement va-t-il se muer en parti ?
Notre but aujourd’hui est d’exister au sein de l’UMP. Dans un mois et demie, notre objectif sera de peser au sein de l’UMP lors du Congrès avant de créer quelque mouvement que se soit. A nous de nous distinguer de l’autre motion que vous évoquiez et qui reprend un certain nombre de nos positions.
Votre motion obtient un niveau d’intention de vote supérieur chez les CSP+. N’est-ce pas paradoxal alors que vous vous adressez prioritairement aux classes populaires ?
Commenter un sondage, c’est déjà lui accorder une certaine crédibilité. Soit ce dernier est effectué auprès des militants, c’est à dire ceux qui vote, et il est valable ; soit il est mené auprès des sympathisants et ne reflètent pas la réalité. Il faut donc arrêter de faire croire que tout est déjà joué d’avance.
Je me souviens de la campagne de 1999 pour l’élection du président du RPR où on nous expliquait que Jean-Paul Delevoye allait être élu. Or, les militants ont voté autrement.Notre motion n’a pas été une construction médiatique, nous nous adressons aux militants. Nous attendons donc les résultats sereinement.
Vous semblez être plus proche de la ligne de Jean-François Copé que de celle de François Fillon. Soutenez-vous l’actuel secrétaire général de l’UMP ?
La Droite populaire en tant que telle ne prend pas de position. Certains de nos membres soutiennent François Fillon là où d’autres choisissent Jean-François Copé. Chacun est libre de soutenir individuellement qui il souhaite. A titre personnel, je soutiens Jean-François Copé car je crois que ce qui agace les sympathisants de droite, c’est la différence entre les discours et les actes. Lorsque je vois que l’on s’apprête à faire campagne pour l’abolition des 35 heures alors que nous avons été pendant 10 ans au pouvoir… quelle crédibilité pouvons-nous avoir auprès de nos militants? C’est ce que nous voulons changer.

yes!!!
Exactement !
« La droite populaire, c’est le peuple, l’engagement pour le peuple avec le peuple » proclame le texte qui dit vouloir représenter « les militants » face « aux élites trop souvent aveuglés par la pensée unique » et propose pour cela un plus grand recours « à la démocratie référendaire ».