manu le trou du cul

Le président français veut susciter un débat national sur la réforme des politiques par une lettre de 2 300 mots.

Le président français espère que la consultation publique nationale permettra d’apaiser la colère généralisée de l’opinion publique face à la montée du mouvement des gilets jaunes et aux troubles civils dans toute la France.

Dans sa lettre, Macron s’est dit ouvert aux idées et aux suggestions, mais il a insisté pour que le gouvernement ne revienne pas sur les réformes antérieures ou les mesures clés de sa campagne électorale de 2017.

« Aucune question n’est interdite », écrit Macron. « Nous ne sommes pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins, nous montrerons que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger et de débattre. Et peut-être découvrira-t-on qu’en dépit de nos convictions différentes, nous sommes peut-être d’accord plus souvent qu’on ne le pense. »

Macron a été secoué par la férocité de près de deux mois de protestations fâchées de gilets jaunes. Samedi, un neuvième week-end de manifestations a eu lieu dans toute la France.

Cette lettre, qui sera publiée lundi dans la presse française, marque le début d’une consultation nationale au cours de laquelle les citoyens sont invités à donner leur avis sur quatre thèmes centraux : la fiscalité, l’organisation de l’État et son administration publique, la transition écologique, la citoyenneté et la démocratie.

La missive de Macron pose un certain nombre de questions, notamment : quels impôts devraient être réduits, quelles réductions de dépenses pourraient être une priorité, y a-t-il trop d’administration, comment peut-on donner plus de poids à la population dans la gestion du pays ?

M. Macron a déclaré que les propositions recueillies au cours du débat permettraient de construire un nouveau « contrat pour la nation », d’influencer l’élaboration des politiques politiques et de définir la position de la France sur les questions nationales, européennes et internationales.

« C’est ainsi que j’ai l’intention, avec vous, de transformer la colère en solutions », écrit-il.

Acceptant que tout le monde voulait des impôts « plus justes et plus efficaces », il a mis en garde contre des attentes irréalistes, ajoutant qu’il ne pouvait y avoir de baisse des impôts sans réduction des dépenses publiques.

Macron et son administration centriste sont soumis à d’intenses pressions depuis novembre, lorsque la colère du public à propos d’une écotaxe sur l’essence et le diesel a déclenché le mouvement Gilets Jaunes. Bien que la taxe ait été supprimée, les protestations se sont élargies pour adopter un large éventail de griefs antigouvernementaux.

En dehors des villes, les gilets jaunes continuent de faire du piquetage dans les ronds-points du pays avec des protestations ad hoc appelant à une baisse des taxes sur la nourriture et les biens essentiels, à une baisse des charges sociales et à un pouvoir d’achat accru.

Samedi, il y a eu d’autres affrontements entre la police et les manifestants dans de nombreuses villes françaises, avec des accusations de violence des deux côtés.

Dans sa lettre, Macron écrivait qu’il n’accepterait « aucune forme de violence », y compris « des pressions et des insultes » contre « les représentants élus, les journalistes des médias, les institutions publiques ou les fonctionnaires ».

« Si tout le monde est agressif envers tout le monde, la société s’effondre », a-t-il écrit.

M. Macron a écrit qu’il rendrait ses conclusions dans le mois qui suivrait la fin du processus de consultation, le 15 mars. La lettre se termine : « En toute confidence. Emmanuel Macron ».