Le parti de droite de Le Pen est en tête des prochaines élections européennes avec 24,5 % des voix françaises, devant le centriste du président Emmanuel Macron, La République en Marche (REM), un sondage Ifop-Fiducial publié jeudi dernier.

La nationaliste française et son allié italien Matteo Salvini espèrent que leur bloc Europe des nations et de la liberté deviendra le troisième plus grand à Bruxelles, ce qui leur permettra de renverser le statu quo. Le sondage de 2 750 personnes, réalisé du 18 au 22 mai pour le magazine Paris Match, la télévision CNews et Sud Radio, a montré que le parti REM pro-européen de M. Macron occupait la deuxième place avec 23 pour cent des voix. Le parti de droite Les Républicains devrait arriver en troisième position avec 14 % des voix, suivi de l’extrême gauche La France Insoumise (France Unbowed) avec 8,5 % et du parti vert Europe Écologie Les Verts avec 6,5 %.

Le Rassemblement national (RN) de Mme Le Pen, anciennement connu sous le nom de Front national, s’est classé premier en France lors du dernier vote de l’UE en 2014, en partie à cause du faible taux de participation, bien que les partis nationalistes aient depuis vu leur soutien augmenter partout en Europe.

L’élection devient à la fois un référendum sur les deux premières années au pouvoir de M. Macron et un vote de confiance dans l’UE.

Craignant qu’une deuxième place ne nuise à ses ambitions de réforme chez lui et n’affaiblisse son poids politique en Europe, M. Macron a intensifié les appels à la coopération des conservateurs, des socialistes et des Verts pour faire face aux forces eurosceptiques.

Cette « grande coalition de progressistes » permettra aux pro-Européens de combattre « ceux qui veulent détruire l’Europe par le nationalisme », a déclaré M. Macron aux journalistes en début de semaine, peu avant d’avertir le bloc du « risque existentiel » du populisme d’extrême droite.

S’adressant mardi au journal belge Le Soir, le centriste français a déclaré que le monde d’aujourd’hui a besoin d’une « Europe plus forte et plus unie ».

Lorsqu’on lui a demandé s’il croyait que ses opposants, alias Mme Le Pen, pouvaient détruire l’UE, il a répondu : « Bien sûr. »

Mais des partis dominants comme la REM, qui militent en faveur d’une intégration européenne plus étroite, ont du mal à capter l’attention d’un public blasé par les élites politiques.

Mme Le Pen espère profiter de cette vague de mécontentement et être à nouveau en tête des sondages français. La nationaliste de droite s’est engagée à plusieurs reprises à changer l’Europe de l’intérieur, à freiner l’immigration illégale et à bloquer ce qu’elle appelle une « ruée vers le fédéralisme ».

Elle et M. Salvini, de la Ligue anti-immigrés italienne, ont exprimé l’espoir que leur groupe parlementaire « Europe of Nations and Freedom » (ENF) devienne le troisième plus important de Bruxelles, un résultat qui accroîtrait leur pouvoir et leur influence.

menace nucleaire coree

Alors que la Corée du Nord semble de plus en plus encline à utiliser des armes atomiques, il ne sert à rien de couper Pyongyang du reste du monde.

L’opinion générale est que le programme nucléaire de la Corée du Nord constitue une menace pour la paix mondiale et détourne les ressources économiques d’une population appauvrie. Les dirigeants nord-coréens sont dépeints dans les médias occidentaux comme une horde de fous qui ne seront satisfaits que lorsque Washington, Séoul ou une autre ville ennemie sera devenue une « mer de feu ».

Mais il vaut aussi la peine de se poser ce qui semble être une question perverse : une bombe nord-coréenne pourrait-elle réellement profiter à la fois à la population du pays et au monde en général ?

Le missile de la Corée du Nord a été tiré au moment idéal

Tout d’abord, un rappel à la réalité : le programme nucléaire nord-coréen est moins un plan fou qu’une stratégie claire et délibérée. Ses dirigeants ont suivi de près ce qui est arrivé à d’autres pays qui se sont retirés des arsenaux nucléaires, et deux en particulier : Ukraine et Libye.

Rien qu’en 2016, elle a testé deux armes nucléaires, envoyé un satellite en orbite et fait des progrès dans les technologies des missiles balistiques lancés par sous-marin (SLBM) et des missiles intercontinentaux (ICBM). Dans son discours du Nouvel An début 2017, Kim Jong-un a souligné que les forces nucléaires du pays sont au cœur de sa capacité d’autodéfense : « Nous défendrons la paix et la sécurité de notre État à tout prix et par nos propres efforts, et apporterons une contribution positive à la sauvegarde de la paix et de la stabilité mondiales.

Une Corée du Nord nucléaire inquiète évidemment la communauté internationale pour plusieurs raisons. Kim pourrait en théorie utiliser des armes nucléaires sur ses ennemis, une menace qu’il fait périodiquement. L’adhésion de son pays au “club nucléaire” pourrait déclencher une course régionale aux armements. Elle pourrait partager ou vendre des technologies de destruction massive à des États hostiles. Et puis il y a le danger d’un accident nucléaire complet avec toutes les répercussions régionales qui en découlent.

Quant à la prolifération ou aux accidents, ils n’exigent pas l’isolement, mais la coopération et la communication. Maintenir Pyongyang à l’écart du reste du monde ne servira à rien ; si l’on veut que ses installations nucléaires soient sûres et que leurs produits ne servent pas à générer des revenus illicites à l’étranger, il faut les surveiller de près plutôt que les cacher.

La Corée du Nord renvoie un chef de la sécurité pour corruption et abus de pouvoir

Paradoxalement, l’arrivée” nucléaire de la Corée du Nord pourrait avoir un effet positif sur les relations intercoréennes. Les efforts internationaux visant à éliminer le programme nucléaire de la Corée du Nord ont isolé le pays, ce qui a considérablement réduit les chances d’un rapprochement avec le Sud, dont les efforts visant à décongeler les relations se sont récemment soldés par un échec.

Le rythme du développement nucléaire du Nord signifiait que la politique de réconciliation du président Park Geun-hye, aujourd’hui destitué, était vouée à l’échec — la “trustpolitik” — avant même qu’elle ne commence.