Emmanuel Macron est sous le feu des partis d’opposition de droite en raison de la hausse de la criminalité à l’approche des élections locales du mois prochain, au cours desquelles le parti du président français semble prêt à subir une défaite cuisante à Paris.

Le Rassemblement national d’extrême droite de Marine Le Pen et les principaux politiciens conservateurs s’attaquent à ce qu’ils décrivent comme l’approche “laisser-faire” du gouvernement en matière d’ordre public, qui sera un enjeu décisif des élections de mars.

La sécurité est un thème de campagne naturel pour le parti de Mme Le Pen et une préoccupation croissante pour de nombreux électeurs. Les agressions ont augmenté de 8 % en 2019, les meurtres et les homicides de 9 % et les agressions sexuelles de 12 %, selon les chiffres préliminaires du ministère de l’Intérieur.

La criminalité est également une ligne d’attaque potentiellement efficace pour le centre droit, qui a lutté pour faire entendre sa voix alors que le président centriste a fait passer des réformes économiques favorables aux entreprises.

Il a fait baisser le chômage et les perspectives de l’économie française sont assez bonnes. Mais son taux d’approbation n’est que d’environ 30 % et les sondages le mettent au coude à coude avec Mme Le Pen pour le second tour décisif de la prochaine élection présidentielle en 2022. Elle espère imiter le succès de Boris Johnson, qui a réussi à gagner d’anciens électeurs de gauche préoccupés par l’immigration et la criminalité.

Paris, qui abrite l’élite libérale du pays, devrait être un bastion de Macron, mais le parti du président est en plein désarroi à moins de six semaines des élections municipales.

Il fait échouer la course à la mairie de la capitale, deux candidats étroitement associés à M. Macron se présentant l’un contre l’autre. Le vote risque d’être divisé, ce qui donnerait la victoire au socialiste sortant ou à un candidat de droite. Cédric Villani, élu député au LREM en 2017, a refusé de se plier à l’ordre du président de quitter la course en faveur de Benjamin Griveaux, un assistant de longue date de M. Macron.

Villani a été expulsé du LREM la semaine dernière et se présente maintenant comme indépendant. Ce mathématicien, célèbre pour sa broche et sa lavallière, un croisement entre un nœud papillon et une cravate, est un ancien fidèle de Macron qui s’est rebellé lorsque le parti a choisi M. Griveaux plutôt que lui comme candidat à la mairie.

La perte de Paris porterait un coup symbolique à M. Macron. Les sondages placent M. Griveaux et M. Villani derrière le maire sortant, Anne Hidalgo, socialiste, et Rachida Dati, maire de centre droit du 7e arrondissement de Paris et ancienne ministre de la Justice sous la présidence de Nicolas Sarkozy.